Qui est Papa à temps partiel?

Moi, tout simplement

L'héritier et son papa à temps partiel
L’héritier et son papa à temps partiel

Je me présente, Frédérick Perrier. Je suis conseiller en développement économique. J’analyse des états financiers, je prépare des dossiers de financement et je cherche des solutions économiques viables de façon à faire rayonner ma communauté. J’habitais jusqu’à tout récemment une municipalité de 1 400 habitants en milieu rural. Une place « tissée serrée ». Je considère que je facilite la vie à de nombreuses personnes souhaitant démarrer leur entreprise et améliorer leur situation et leur vie de famille. J’exerce dans le domaine de l’entrepreneuriat depuis bientôt 10 ans.

En 2001, j’ai rencontré la « première femme de ma vie », en 2002 on a pris notre premier appartement, en 2005 elle a terminé ses études, on avait deux salaires à temps plein et la vie devant nous. En 2008, on a acheté notre première maison au milieu d’un petit paradis boisé et en 2010 mon seul et unique héritier est né. Quand j’ai appris la nouvelle de sa venue, je n’étais pas prêt. Quand il est venu au monde, je n’étais pas prêt. Quand je me suis fait annoncer la fin de mon mariage, je ne l’ai pas anticipé. Pourtant, la planification, ça me connaît, mais cet évènement a été un choc dur à encaisser.

Les dix années passées à bâtir ma communauté m’ont fait oublier de continuer à bâtir et à entretenir mon couple et ma famille. J’étais sur la route régulièrement de 2012 à 2016, on ne se parlait plus. Je trouvais du réconfort dans mon travail, elle s’est bâti un réseau à elle et le destin a été scellé. En octobre 2017, la marmite a débordé, mon épouse a quitté le navire et j’ai remis les clés du paradis à un autre couple bien heureux d’acquérir mon « château ». Cependant, le plus dur a été de me faire arracher mon fils des bras UNE SEMAINE SUR DEUX. Je suis maintenant Papa à temps partiel.

J’exerce mes habiletés de père un peu à tâtons. J’essaie de donner le meilleur de moi-même et je dois avouer que je pense m’en tirer plutôt bien. Peut-être que je suis un peu trop autoritaire et pas assez flexible, mais j’y travaille. Honnêtement, ma famille c’était ma raison de vivre, de me lever le matin et, de parfois, continuer à me battre contre des « moulins à vents » dans mon quotidien. Malheureusement, je l’ai réalisé un peu tardivement. Mon univers, mon réseau social, mon noyau familial et mes amitiés ont été forgé à l’intérieur de cette bulle confortable.

Y a-t-il quelqu’un à l’appareil?

Fauché, le cœur en miette, un matelas sur le plancher du sous-sol chez mon père, j’étais vraiment revenu à la case départ. J’ai tenu un bout de temps sur l’adrénaline. J’ai organisé le déménagement, la vente de la maison, le « parentage » solo de l’héritier une semaine sur deux et livré tout le boulot auquel ma patronne s’attendait. À Noël 2017, je me suis effondré. J’étais incapable de continuer à développer mon patelin, analyser des projets d’entreprises, aider ma communauté et « performer » au niveau que je jugeais acceptable. J’ai piétiné mon orgueil masculin, j’ai téléphoné au docteur. Il a été sympathique, il a posé un diagnostic de trouble de l’humeur, il m’a signé un arrêt de travail et remis une prescription pour aller chercher les comprimés du bonheur. Il m’a finalement suggéré d’aller chercher de l’aide.

J’avais du temps en avant de moi, aucune obligation professionnelle à l’horizon pour quelques semaines et j’avais un objectif SMART: « Trouver de l’aide dans les meilleurs délais qui me permettrait de faire la paix avec moi-même et de faire disparaître ce sentiment de culpabilité ».

  • Un psy? C’est dispendieux ces p’tites bêtes-là;
  • Un groupe d’entraide pour pères? D’accord si tu habites à Montréal. C’est aussi beaucoup plus facile si tu te considères comme un homme violent ou ayant des troubles de comportement sévère. Une simple recherche Google vous le confirmera;
  • Les services en psychologie du secteur public? À pleurer de rire.

Finalement, c’est auprès des services psychosociaux du Centre Intégré de Santé et de Services Sociaux (CISSS) que j’ai trouvé de l’aide. On m’a rencontré et affecté une travailleuse sociale qui m’accompagne pour une dizaine de rencontres. J’aime bien ces rencontres-là, ça m’apporte une partie du soutien que je recherchais, mais il me manque toujours ce lieu d’échange, ce lien avec d’autres pères vivant la même situation. En même temps, ça peut être intimidant d’aller jaser de tes problèmes ou de tes états d’âme dans ce genre d’environnement.

Je blogue pour moi… Et pour vous!

C’est dans cette optique que j’ai choisi de publier ce blogue. J’ai beaucoup écrit depuis ma séparation. C’est libérateur, pas toujours joli, mais ça a eu un effet apaisant sur moi. J’ai cessé d’écrire pendant un certain temps et les frustrations sont revenues. Avec tout ce que j’ai sous la main comme matériel, le quotidien que je vis et les années à venir, je vais pouvoir en remplir des pages de matériel. Déformation professionnelle oblige, j’ai vite calculé que mon budget de papier et crayons dépasserait largement le coût d’un hébergement annuel pour ce site. J’ai décidé de m’offrir un « journal intime » sur mesure.

Je suis loin d’être unique ou d’être doté d’une intelligence émotionnelle supérieure à la moyenne. Je ne suis certainement pas le seul qui vit ces moments difficilement. Je souhaite que cet espace me serve à discuter de la paternité à temps partiel, de partager mes joies, mes trucs et mes moments moins joyeux. Du même coup, je veux que cette plateforme serve aux pères (et même aux mères) comme un lieu de renseignements et d’échanges.

Les lecteurs pourront:

  • Lire des histoires drôles et moins drôles;
  • trouver des renseignements utiles sur la gestion parentale;
  • découvrir des erreurs à ne pas répéter;
  • donner leur opinion et partager leur quotidien.

Les lecteurs ne pourront pas:

  • Insulter les autres lecteurs (pas de chicane, dans mon salon, il y en a déjà en masse);
  • émettre des commentaires misogynes gratuits;
  • blâmer la Terre entière pour leur malheur (on a tous une part de responsabilité).

Partiellement vôtre,

Papa à temps partiel

Auteur : Frédérick Perrier

Papa d'un petit bonhomme de 7 ans (bientôt 8). J'ai été marié 17 ans et séparé depuis octobre 2017. J'apprends à gérer la "monopaternité", la vie en solo et à retrouver le bonheur.

18 réflexions sur « Qui est Papa à temps partiel? »

  1. Wow! Des mots précis , justes et sentis ! Continue d avancer comme tu le fais et surtout merci du partage ! Moi aussi mon château de cartes s est écroulé mais j en étais pas l instigatrice comme dans la statistique … en fait sûrement finalement puisqu il a butiné pleins d abeilles alors que la reine de la ruche travaillait d arrache bien pour le bonheur de sa troupe… probablement pas en mesure de lui offrir tout ce qu ildecirsit !!!! bref, 10 ans plus, je suis toujours debout, plus forte , plus sereine, soudée à ma progéniture sans qui mes genoux auraient fléchi plus d une fois ! Rien n arrive pour rien paraît-il…. comme dirait l autre «  vers l infini et plus loin encore »
    😊 déjà hâte de lire ton prochain billet ! Chapeau !!!

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    1. Merci Véro, ce n’est pas toujours évident de se livrer ainsi ou de comprendre les situations sur le moment. Quelque fois il faut continuer pour notre « gang » et voir ce qui nous attend au bout. (-;

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  2. Merci de montrer l’autre face de la médaille : le côté du papa. Je suis maman à temps partiel et je me suis reconnue dans certains passages. Dans la vie de tous les jours, je fréquente des mamans dans la même situation que moi mais jamais des papas. Ton texte me fait réaliser bcp de choses. Ce sera avec plaisir que je te lirai et te suivrai. Bienvenu ici ☺️.
    Dina

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  3. Merci de partager Fred. Tellement authentique et rempli d’émotions. C’est un cadeau que tu nous fait, me fait. Je continuerai de te lire et d’y puiser la force!

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  4. Wow Fred! J ai lu ça ce matin…je n en revenais tout simplement pas…on s est croise a foiré de l entrepreneuriat a Québec il y a 2 ans je crois et je pensais que tout allait bien dans ta vie…

    Merci pour ce pour partage. Moi j ai perdu mon chat hier ( ce n est pas un enfant ). Mais noiraude a partagé 15 ans de ma vie.

    Quand j ai lu ton post ce matin cela m a donné le courage d avancer.

    Lâche pas fred ! Et merci encore xx

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  5. Wow! Bravo Frédérick…quelle bonne idée qui nous fait partager les hauts et les bas de la monoparentalité dont je fais aussi partie depuis peu. Lâche pas et je continuerai à te lire 😊

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  6. Salut Fred,
    Ca fait maintenant près de 6 ans que je vis tout comme toi la moitié de la vie de mes 2 enfants. Papa a temps partiel, et pourtant je me suis toujours dis que je n’aurai pas des enfants pour ne pas les voir, je m’efforce d’être un papa présent et dévoué tant que je peux. Parfois maladroit en tentant de palier au manque que j’ai envers mes enfants de par des les responsabilités qu’un papa tout seul apporte.
    Je connais les contextes où le travail en demande trop, où on se ramasse à tomber de fatigue ou se suprendre a ce que nos enfants nous tombent sur les nerfs car on a besoin de quelques minutes à soi entre la job, la préparation du souper, les devoirs, les ti papiers de l’école qu’il faut envoyer a l’autre parent pour valider car une réponse le lendemain est requise et la brassée de lavage qu’il faut domper dans la sécheuse.
    J’ai toujours eu pour mon dire que des enfants ca ne se fait pas tout seuls. Dès lors, ça ne s’élève pas tout seul non plus. Alors on fait de notre mieux… et à notre grande joie, on voit nos petits bonheurs grandir et être épanouis 🙂 On se sent coupable d’apprécier notre temps loin de nos enfants à relaxer tout seul devant un bon film ou sortir entre amis au resto. Nos petits amours ne nous quittent jamais. Ils font partis de nous et on devient un package deal quand vient le temps de rencontrer de nouvelles personnes.
    J’applaudis ton blog car ceci est une source d’inspiration et d’informations pour tant de parents qui, tout comme nous, se ramassent à vivre la vie de leurs enfants à temps partiel. Bravo!!
    Marc

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  7. Quelle authenticité! Il fait bon de lire un homme (je suis d’ailleurs pas mal contente d’être tombée sur ton blogue) parler de parentalité. Écrire est en effet vraiment libérateur. Garder tout en dedans est la pire chose à faire. Nous vivons tous des moments difficiles à un moment ou à un autre et d’en parler avec les autres, de voir que d’autres vivent des situations similaires, cela fait toujours du bien. Continue d’écrire et n’arrête pas! 🙂

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